Le succès tricolore face au Brésil est frappé du sceau de la classe, immense, de Zinédine Zidane. Sur un nuage, le numéro 10 des Bleus a peut-être livré le plus grand match de sa carrière en équipe de France. Il a tout réussi, y compris sa première passe décisive pour Thierry Henry...
BARTHEZ : Le gardien de l'équipe de France n'a pas eu grand chose à se mettre sous la dent en première période. Sa première sortie sur Ronaldo rappela un certain 12 juillet 1998. Lors des 45 dernières minutes, Barthez s'illustra par des sorties aériennes qui ont rassuré toute sa défense. Une nouvelle fois décisif sur une ultime frappe de Ronaldo en toute fin de rencontre. Sa performance est à la hauteur du résultat : impeccable.
SAGNOL : Sa première intervention sur Ronaldo fut parfaite et laissa envisager une grosse partie du latéral français. Elle fut sans accroc et pleine de sérénité. Son marquage sur Ronaldinho en fin de rencontre a permis aux Bleus de ne pas céder. Coupable d'une faute sur Kàka en fin de match, Sagnol a été averti mais sera bien présent pour la demi-finale.
THURAM: Que lui reprocher? Une faute qui a amené un coup franc dangereux en fin de partie et sur laquelle il a d'ailleurs écopé d'un carton sévère? Peut-être. Pour le reste, le Turinois n'a pas perdu un duel de la soirée. Le fait d'avoir peu joué en fin de saison avec la Juve lui sert incontestablement aujourd'hui. Sa fraicheur et son enthousiasme font plaisir à voir. Rassurant, il s'est comporté en patron. La charnière qu'il compose avec William Gallas gagne en complicité à chaque sortie. Elle est aujourd'hui aussi impressionnante que la paire Blanc-Desailly de la grande époque.
GALLAS: Dans la lignée de ses dernières sorties. Physiquement, il est au top lui aussi. Comme son compère de l'axe central, William Gallas a été impeccable et sûr dans ses interventions, à l'image de celle réussie devant Ze Roberto en tout début de rencontre, alors que le Brésil se sentait encore fort. A son passif, une hésitation sur un centre, toujours de Ze Roberto, à la reprise. Mais elle ne pèse pas lourd à côté du reste...
ABIDAL : A beaucoup joué avec son compère lyonnais Malouda. Sa première période fut rythmée par ses allers et venues sur son aile gauche. Le Lyonnais, qui avait la lourde tâche de défendre sur Kàkà, s'en est parfaitement sorti. Sa puissance et ses percussions ont gêné Cafu, cantonné à des tâches défensives. Malgré quelques centres défectueux en première période, Abidal a réalisé une partie quasi sans faute.
MAKELELE : Moins en vue que son compère du milieu, Patrick Vieira, le joueur de Chelsea a néanmoins livré un match solide. Un nombre incalculable d'interceptions ont court-circuité les transmissions brésiliennes. Le milieu défensif n'a cessé de servir Zidane, comme il le faisait au Real Madrid. Très peu de ballons perdus.
VIEIRA : Raymond Domenech avait prévenu que Patrick Vieira ferait une grande Coupe du monde. Son milieu de terrain l'a une nouvelle fois confirmé. Le grand "Pat" a fait figure d'épouvantail. Puissance, solidité, lucidité ont été les ingrédients de sa réussite. En fin de première période, il s'est illustré en filant au but. Mais fut rattrapé illégalement par Juan qui aurait mérité l'expulsion. Encore un grand match de Vieira.
MALOUDA: Même s'il n'a plus tout à fait le punch du mois dernier, le Lyonnais a abattu un énorme travail défensif, bloquant parfaitement Cafu dans son couloir. Offensivement, il fut beaucoup plus présent en première qu'en seconde période, le jeu français ayant nettement penché à gauche lors du premier acte. Il a alors proposé beaucoup de solutions, même s'il a manqué de réussite dans la dernière passe. Par la suite, il s'est peu à peu éteint, sans jamais oublier de défendre. Remplacé par Wiltord.
RIBERY: L'inverse de Florent Malouda: assez discret avant la pause, il est monté en puissance au fil des minutes. Par le principe des vases communicant, la besace du Marseillais s'est ainsi remplie à mesure que celle du Gone se vidait. On a alors retrouvé le Ribéry percutant. Un débordement somptueux sur le pauvre Lucio, qui n'a pas tout compris. Tout près de doubler la mise à la 70e minute, il a buté sur Dida, avant d'être remplacé cinq minutes plus tard par Sidney Govou, qui s'est avant tout attelé à bien défendre.
ZIDANE : Dans le jeu, le capitaine des Bleus a probablement réalisé son meilleur match sous le maillot tricolore. Ses prises de balles plus géniales les unes que les autres ont bousculé les Brésiliens tout au long de la partie. On a retrouvé le Zidane de l'Euro 2000 par ses dribbles et sa facilité à éclaircir le jeu des Bleus. Le maestro, qui a joué juste tout au long de la rencontre, a tenu son rang. Et pour couronner le tout, il fut l'auteur de la passe décisive sur le but de Thierry Henry. Une première. Le titre honorifique d'homme du match ne pouvait que lui revenir.
HENRY : Transparent en première période, le joueur d'Arsenal s'est rapidement signalé en seconde. Sur une passe décisive de Zinédine Zidane juste avant l'heure de jeu, le Gunner d'Arsenal a délivré la France en ouvrant le score d'une superbe volée du plat du pied droit sous la barre. Complètement cuit en fin de match en raison de nombreux appels, il fut remplacé par Louis Saha, qui aurait pu doubler l'avance des Français d'une frappe du gauche en fin de rencontre.
Eurosport - F.-X.R. et L.V. - 02/07/2006 14:40